Contraints au télétravail alors qu’il a spectaculairement progressé dans les associations, les salariés ne vivent pas cette situation dans une identique harmonie.
L’entreprise libérée ou l’innovation managériale ne règnent pas encore dans les entreprises, ni dans les associations, encore moins dans l’administration.
Si le télétravail confère une certaine autonomie aux collaborateurs, elle ne peut se borner à un simple lâcher-prise du dirigeant.

« L’ expérience de l’entreprise POULT
Il semble que l’entreprise a accordé beaucoup d’autonomie aux salariés,
mais sans leur fournir les instruments de gestion qui leur auraient permis de mesurer l’activité et de savoir si elle était rentable. Au bout d’un certain temps,
le problème a été détecté et des outils ont été mis en place chez Poult pour connaître les résultats économiques de chaque “mini-usine” autonome. Mais, entretemps, l’actionnaire avait perdu confiance et a préféré revenir à un management classique.

Photo de Andrea Piacquadio provenant de Pexels

Selon Yves Clot, professeur de psychologie du travail, « L’autonomie, ce n’est pas la liberté, mais la construction de la prescription ». En d’autres termes, on ne fait pas ce que l’on veut et on ne travaille pas n’importe comment : on se met d’accord sur la façon dont on va travailler.
Il est très important, du reste, que les règles du jeu soient clairement fixées et que chacun sache où se trouvent les zones bleues, où chacun peut être autonome, et les zones rouges, où prévalent soit les décisions du dirigeant, soit les contraintes légales. »

Par conséquent, ne pas imaginer que tous les collègues paressent pendant que les autres travaillent mais partir au contraire du principe que tous doivent s’adapter aux nouvelles conditions, c’est à dire se fier aux résultats attendus. Ce qui signifie que les consignes, livrables et résultats doivent être précis, correctement communiqués à tous.
Une fois ces objectifs déterminés (et quantifiés), voir de quelle manière ces résultats sont ou pas atteints et évaluer à partir de ce qui a été accompli et ne pas se fixer sur les résultats non atteints.

Techniquement, tout mettre en œuvre pour établir des conditions techniques de travail optimales (poste de travail informatique performant, logiciels qui fonctionnent, supports de formation en ligne, logiciel de mise en relation de visioconférence et de dépôt de fichiers….). A défaut, le manque s’équité règnera au sein même de l’équipe et en faussera les résultats. Il est certain que le confinement a surpris et beaucoup en sont encore très loin, faute d’anticipation.

Photo de Andrea Piacquadio provenant de Pexels

Réduire le niveau d’exigence et d’impatience

Car travailler à domicile entouré par la famille, c’est s’exposer à de récurrentes interruptions. Il est souvent nécessaire de modifier ses habitudes de travail pour s’adapter à la douleur exquise de la cohabitation permanente (les horaires notamment, plus tôt le matin ou tard le soir).

Bon courage à tous et bon retour ensuite en ayant adopté ces nouvelles postures et méthodes.

Sources : Autonomie, responsabilité, subsidiarité :
peut-on libérer les énergies dans les entreprises – Thierry Weil, Anne-Sophie Dubey et Martin Richer

Merci à eux.